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Note d'intention de mise en scène |
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Les
Rustres I
restughi Carlo Goldoni
Robert Vallée
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Dès le début de la pièce, les spectateurs sont immergés au
cœur des fêtes du carnaval qu’il se tienne à Venise… ou ailleurs. Musiciens et comédiens masqués envahissent l’avant-scène dans
un joyeux capharnaüm fait de musiques et de cris. Toute la ville est en fête
! La folie joyeuse qui s’est emparée de la cité contraste avec
la rigueur, le calme et la sobriété de la maison de Lunardo. La matérialisation de l’espace scénique sur deux niveaux : la
rue (la salle) et les intérieurs des Rustres (la scène) reprend une part de
l’esprit des « Tréteaux » où entrée et sortie des comédiens se font à la vue
du public. Chaque entrée des personnages en provenance de l’extérieur est
accompagnée par des musiciens et des masques. Le jeu des comédiens « vif », sans temps mort, virevoltant,
avec de fréquentes ruptures de ton et de sentiments, passant sans transition,
du rire à la colère, du sourire aux larmes, entraîne le public dans une
véritable jubilation. Aux hommes, bourrus et naïfs, s’opposent les femmes
attachantes, mais calculatrices. Nos Rustres et leurs femmes, caractères
typiques de la Comédie Italienne, sont malgré tout « sensibles » et
n’apparaissent nullement comme des archétypes. Le spectateur, propulsé dans
leur tourbillon de paroles, peut par certains côtés, s’identifier et
s’attacher aux personnages. Les lieux sont suggérés avec un mobilier strict, mettant en
évidence l’austérité de la demeure des Rustres. En fond de scène, un écran de
couleurs chatoyantes, suggère l’été, la chaleur, la Fête. Les costumes fantasques, ludiques et
poétiques conçus à partir de tissus et matériaux contemporains venant de la
récupération, accentuent le mouvement et l’énergie des comédiens tout en
soulignant le caractère des personnages. Une démarche qui vient consolider
l’intemporalité de cette comédie. |
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