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La pièce |
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Les
Rustres I
restughi Carlo Goldoni
Robert Vallée
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« Ce sont quatre
bourgeois de la ville de Venise, du même état, de la même
fortune et tous les quatre du même caractère, hommes difficiles,
farouches qui suivent les usages de
l’ancien temps et détestent les modes, les
plaisirs et les sociétés du
siècle. Les femmes contribuent à
radoucir infiniment la rudesse de
leurs maris ou
à les rendre plus ridicules. Il y a trois de mes
rustres qui sont mariés : Margarita,
femme entêtée, rend Lunardo, son mari, insupportable. Marina, bien que malicieuse, ne peut rien gagner sur l’esprit obtus de Simone, son
époux ; et Felice, prévenante et adroite fait de Canciano tout ce qu’elle veut,
et le sait flatter, de manière
que tout sauvage
qu’il est, il n’a rien à lui
refuser.» Extrait des Mémoires de Carlo Goldoni Cette
comédie des plus savoureuses est un cocktail explosif
de plaisanteries et de quiproquos.
Cependant on peut se demander pourquoi Goldoni, le plus français des auteurs
vénitiens, a intitulé sa pièce « LES RUSTRES », alors qu’il
y est davantage
question de tyrans domestiques ! Face aux fragiles épouses et fille
persécutée, les quatre compères représentent un modèle d’homme exécrable et
colérique. Pourtant, en y regardant de plus près, ces hommes ne sont ni autoritaires ni dominants, mais
constamment dupés. Alors, pour tenter, en vain, d’imposer leur point de vue,
ils râlent, «gueulent». Les femmes,
si charmantes, font preuve de rouerie, de perfidie, et finalement d’une
liberté qui nous rassure.
Elles se joueront toujours de
leurs rustres de maris. « Ces diables de femmes, d’une
façon ou d’une
autre, elles arrivent toujours à leurs fins » soupire Lunardo
résigné. C’est donc en
plein carnaval que
le clan des
femmes va conspirer pour permettre à Lucietta
et Filippetto, son
promis, de se rencontrer avant
le mariage arrangé, au grand
dam de leurs pères respectifs. |
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